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Citations

L'autobiographie

Citations relatives au genre autobiographique

Dieu et le moi
Comment par la mémoire on est un, que sans elle il n'y a plus de moi, ou du moins de moi continu, plus de passé, plus d'avenir, rien qu'un présent numérique et mathématique qui n'est susceptible d'addition ni de division (Joseph Joubert, Les carnets de Joseph Joubert, NRF, t.1, 1938, p.225 (4/1/1800)
De même que la connaissance de soi sans la connaissance de Dieu produit le désespoir, de même la connaissance de Dieu sans la connaissance de soi produit la présomption, si du moins on peut parler de connaissance de Dieu là où il n'y a pas de connaissance de soi (Saint Bernard, cité par Luther,Operationes in Psalmos, édition de Weimar, EV, p.508)
Je fus coupé en pièces au moment où je me séparais de Ton unité pour me perdre dans une foule d'objets : Tu daignas rassembler es morceaux de moi-même (Saint Augustin, cité dans Massis, Les Idées restent, Lardauchet, 1940, p.156)
Dieu est en moi plus moi-même que moi (Paul Claudel, ?)
C'est une hygiène déplorable que de se regarder. On se fausse en se regardant, on fabrique une sorte d'individu artificiel qui remplira la personne naïve et agissante […]. Le catholicisme est sage, qui ne s'occupe nullement de ce qu'on est, de ce que l'on peut être, mais de ce que l'on doit être… (Paul Claudel, Déclarations à Frédéric Lefèvre, Nouvelles Littéraires, 18 avril 1825)
Dieu m'a permis de prendre une telle conscience de la vanité des retours sur soi, en lesquels naguère se passait mon temps, que mon indignité, à présent, se connaît trop pour se plaire encore à se peindre (René Schob, Moi Juif, Livre posthume, Plon, 1928, p.1)

L'attitude d'immanence
Nous avons un pouvoir mystérieux et extraordinaire de nous retirer des modifications du temps, dans notre moi le plus intime, dépouillé de tout ce qui lui vient du dehors et là, d'avoir en nous
l'intuition de l'éternité sous la forme de ce qui ne change pas. […] Cette intuition intellectuelle apparaît quand nous cessons d'être objet pour nous-même et quand replié sur soi, le moi qui perçoit est identique avec le moi perçu. En ce moment de l'intuition disparaissent pour nous temps et durée : nous ne sommes plus dans le temps, mais le temps ou plutôt l'éternité pure et absolue est en nous. Nous ne sommes pas perdus dans l'intuition du monde objectif, mais il est perdu dans notre intuition (Schelling, Werke, t.1, pp. 316, 318-19, cité dans Le Vocabulaire de la Société Française de Philosophie au mot « intuition »)
Je crois qu'une des plus vaines préoccupations de l'écrivain qui publie son journal est celle d'une cohérence absolue. Pour une raison difficilement explicable, il aime à se sentire solidaire de son passé et à établir une sorte de ressemblance entre les personnages successifs qu'il a traversés depuis qu'il existe. Il cherche à se confondre avec eux, il se figure qu'ils parlent pour lui et il a scrupule de renier ce qu'ils ont pu dire de peur qu'on ne l'accuse de fluctuations. Ainsi meurt doucement au fond de lui-même toute notion de liberté morale, toute aspiration à la vie, car les personnages que nous avons été ne sont plus que des fantômes et la solidarité avec le passé, c'est la solidarité avec la mort […]. J'ai varié, je varierai encore. À tout moment, je sens en moi une profonde disposition à changer, qui se confond avec l'instinct de vivre. Je n'éprouve pas qu'il nous soit requis de nous immobiliser à jamais. Rester en place est un inutile martyre pour beaucoup. Je suis de ceux-là, je désire de tout mon cœur aller de l'avant (Julien Green, Journal, t.2, Plon, 1939, 5/2/1939, pp.175-6)

Le journal intime
Dans cette autobiographie au jour le jour, entrent en scène les gens que les hasards de la vie ont jetés sur les chemins de notre existence. Nous les avons portraiturés, ces hommes, ces femmes, dans leur ressemblance du jour et de l'heure, les reprenant au cours de notre journal, les remontrant plus tard sous des aspects différents, et selon qu'ils changeaient et se modifiaient, désirant hne point imiter les faiseurs de mémoires qui présentent leurs figures peintes en bloc et d'une seule pièce, ou peintes avec des couleurs refroidies par l'éloignement et l'enfoncement de la rencontre, ambitieux en un mot de représenter l'ondoyante humanité dans sa vérité momentanée […] Notre effort a été de chercher à faire revivre auprès de la postérité nos contemporains dans leur ressemblance animée, à les faire revivre par la sténographie ardente d'une conversation, par la surprise physiologiste d'un geste, par ces riens de la passion, où se révèle une personnalité, par ce je ne sais quoi qui donne l'intensité de la vie, par la notation enfin d'un peu de cette fièvre qui est le propre de l'existence de Paris. (Edmond et Jules de Goncourt, Journal, Mémoires de la Vie Littéraire, t.1, Flammarion et Fasqsuelle, pp.5-6)
Les journalistes intimes, si j'ose dire, ne peuvent guère admettre qu'une journée tout entière, - et que dis-je ? - une semaine, un mois - s'écoule sans apporter une riche moisson de pensées, de sentiments et d'émotions. Leur attitude n'est pas, ne saurait être contemplative. Elle est provocante. (Georges Duhamel, La Chronique des Pasquier, « Le Notaire du Havre », Préface, Mercure de France)
Nulla dies sine linea
(Cicéron)
On voudrait tout dire, on s'aperçoit qu'on n'a presque rien dit (Julien Green, Journal, III, Plon, 1946, p.143, 17 septembre 1941)
Tel est le défaut de ce journal à mes yeux : l'accessoire y tient une place considérable et l'essentiel y est tu (ibid., p. 104, 10 juillet 1937)
Nous sommes trop près du paysage pour bien distinguer les premiers plans des plans secondaires, à vrai dire, nous sommes au milieu du paysage que nous voulons peindre et notre dessin est incorrect (ibid., II, Plon, 1939, p. 172, 3 février 1939)
L'existence du soi serait donc liée à l'impossibilité d'une connaissance intégrale de soi […] Je suis d'autant plus que je me regarde moins comme un répertoire (Gabriel Marcel, Journal métaphysique, NRF,1937, pp. 242-3)

L'impasse de la sincérité
La connaissance de soi, la vie intérieure ne comporte jamais de précision. Dès que nous voulons nous replier seul sur nous-même, nous éprouver tel que nous sommes, il faut que notre pensée perde ses angles, dépasse ses formes, se modifie en fumée. (Albert Thibaudet)

Dissolution du moi
Je suis un nouveau-né, je suis un esprit qui n'a pas épousé un corps, une patrie, une vocation, un sexe, un genre. (Amiel, Journal intime, Shérer, II, p.176)
C'est dans le mouvement que je peux trouver mon équilibre. (André Gide, Journal, NRF, 24 août 1905, p.174)
La personnalité, c'est ce qui empêche l'adhésion de mon âme au grand Tout (Tolstoï, cité dans Ivan Bounine, Textes, p.17)

Déformation par l'analyse
Le péché originel de l'introspection consiste dans le fait que le regard ici modifie la chose regardée […] Le cours de nos pensées subit une déformation du fait de l'attention qui s'applique à le suivre […] Le dédoublement supprime l'ingénuité, la spontanéité de la vie personnelle. (Auguste Comte)
Que de gens, entraînés par ces débauches de littérature secrète, arrivent à se composer un personnage artificiel que, par la suite, il leur faut nécessairement jouer et soutenir. (Georges Duhamel, Préface à « Le Notaire du Havre », Chronique des Pasquier, Mercure de France, p.2)
Le plaisir de bien écrire ces pages leur ôte tout mérite, même de sincérité. Elles ne signifient plus rien, n'étant jamais assez bien écrites pour avoir un mérite littéraire ; enfin toutes escomptent une gloire, une célébrité future, qui leur donnera de l'intérêt. Cela est profondément méprisable. (André Gide, Journal, Pléiade, août 1893)
Dès que je me sens écrire pour l'imprimeur, je me demande si telle expression me serait venue sous la plume et non telle autre, un peu moins surveillée, un peu plus triviale. Je regrette le débraillé d'autrefois […] J'étais quelqu'un qui parlait tout haut de sa solitude ; il ne m'est pas possible de continuer si je sais qu'on m'écoute. (Julien Green, op.cit., 5/2/39, p.176)

Moi substance et moi formule
Ce que nous avons de plus nôtre, de plus précieux, est obscur à nous-mêmes […] Il me semble que je perdrais l'être si je me connaissais tout entière. (Paul Valéry, « Lettre d'Émilie Teste », dans Monsieur Teste, NRF, p.99)

Conception dynamique de la vie personnelle
L'expérience interne n'est possìble que par l'expérience externe en général. (Emmanuel Kant, Critique de la Raison Pure, trad. Tremesaygnes et Pacaud, Alcan 1905, p.240)
Je ne pouvais d'ailleurs pas m'attendre à ce que mon témoignage me survécût. Ce qui prouve que c'était un simple besoin de soulagement, et que je n'obéissais aux sollicitations de l'ambition. (Joseph Conrad, Une Confession, trad. Hélène et Henri Hoppenot, NRF, 3 édition, 1929, pp.194-5)
Je n'ai pas plus fait mon livre que mon livre m'a fait, livre consubstantiel à son auteur, membre de ma vie. (Montaigne, Essais)

Insuffisance de l'analyse
Plus je fixe, plus je me déforme ; ou plutôt, plus je change d'objet […] Préciser une pensée, c'est former une autre pensée qui peut différer de la première, d'une différence indéterminée (Paul Valéry, Tel Quel, II, NRF, 1943, p.262)
Pour bien juger de quelque chose, il faut s'en éloigner un peu, après l'avoir aimé. Cela est vrai des pays, des êtres, et de soi-même. (André Gide, Journal, Pléiade, NRF, mai 1930, 27/3/1924, p.783)

Secret
Tous ceux qui savent se taire deviennent des fils des dieux ; […] les bavards ne seront jamais que des hommes. (Kierkegaard)
Ce que nous pensons profondément est à peu près incommunicable […] À ceux qui, par l'amour ou l'amitié au long du temps, savent tout de nous-même, il manque encore l'essentiel. (Julien Green, Journal, III, Plon 1946, 25/6/41, p.113)
Si paradoxal que cela semble, on ne peut aimer que solitaire. (Reiner Maria Rilke, « Lettre à la Baronne Schenk von Sckweinsberg », 4/11/1909, Pitron, Albin Michel, 1938, p. 130)
Je suis moi, et vous êtes vous, et tout le ciel et l'enfer se trouvent dans le gouffre qui nous sépare. (D.H. Lawrence, « To Lady Cynthia Asquith », Collected Letters, 15/11/1916)

Personnage, mythe de la personne
[…] tout écart contient sa simulation, car il faut assurer la continuité du personnage, non seulement à l'égard des tiers, mais de soi[…] pour être soi. (Paul Valéry, Mélange, NRF, 1941, pp.180--1)
Ce qui est dans un homme inimitable par les autres est précisément ce qu'il ne peut soi-même imiter de lui-même. Ce que j'ai d'inimitable l'est pour moi. (Paul Valéry, Tel Quel, II, NRF 1943, p.69)
Il est essentiel pour l'artiste qu'il sache s'imiter soi-même. C'est le seul moyen de bâtir une œuvre - qui est nécessairement une entreprise contre la mobilité, l'inconstance de l'esprit, de la vigueur et de l'humeur. L'artiste prend pour modèle son meilleur état. Ce qu'il a fait de mieux (à son jugement) lui sert d'étalon de valeur. (ibid., pp.69-70)
Quoi ? Un grand homme ? Je ne vois là que le comédien de son propre idéal. (Nietzsche)

Multiplication du personnage (romancier de soi)
Je voudrais dire ma vérité d'un jour, une heure, ou seulement quelques minutes […] Je ne vois d'autre moyen de m'en tirer que d'écrire un roman. (Julien Green, Journal, III, Plon, 1946, 19/7/1942)

Révélations de l'expérience
[…] sans le vouloir, je m'étais créé une sorte de masque. Et le port de ce masque avait peu à peu déformé mon caractère originel […] Mais, à certaines heures graves, les décisions qu'il m'arrivait de prendre, étaient sans doute des réactions de mon caractère véritable, démasquant brusquement le fond réel de ma nature. (Roger Martin du Gard, Les Thibault, VIII, Épilogue, NRF, 1940, pp.266-8)
Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître, c'est de chercher à comprendre autrui. (André Gide, Journal, Pléaide, NRF, 10/2/1922, p.730)
Chaque être ne comprend vraiment en autrui que les sentiments qu'il est capable lui-même de fournir. (ibid, 29/5/1923, p.759)
On regrette le bon temps d'autrefois ; je crois bien : nous attribuons aux choses tout le changement qui s'est fait en nous ; le lorsque le plaisir nous quitte, nous croyons qu'il n'est plus nulle part. […] Nos relations se rapportent plus à nous qu'aux choses, et, comme nous décrivons bien plus ce que nous sentons que ce qui est, il faudrait savoir comment était affecté l'auteur d'un voyage en l'écrivant, pour juger de combien ses peintures sont au-deça ou au-delà du vrai. (Jean-Jacques Rousseau, « Lettre au Maréchal de Luxembourg »)
Toujours il [le martyr] a combattu avec la force de son impuissance. Il a contraint les hommes à faire attention. (Kierkegaard)

Le voyage de et en soi
Le plus court chemin qui conduit à soi-même, mène autour du monde. […] J'ai entrevu l'avenir de mon œuvre, ma véritable patrie en ce monde (au col de la Faucille). Ruskin, Praeterita)
L'homme ne se connaît lui-même que pour autant qu'il connaît le monde ; il ne prend conscience du monde qu'en lui-même ; et de lui-même que dans le monde. Tout objet nouveau, bien considéré, ouvre encore un nouvel organe. (Gœthe, cité dans Kühnemann, G
œthe, Insel Verlag, Leipsig, 1930, I, p.260)
Les souvenirs des autres sont un livre sans image. (Geneviève Fauconnier, Pastorale, Stock, 1942, p.221)
[…] la meilleure part de notre mémoire est hors de nous, dans un souffle pluvieux, dans l'odeur de renfermé d'une chambre ou dans l'odeur f'une première flambée, partout où notre intelligence, n'en ayant pas l'emploi, avait dédaigné ; la dernière réserve du passé, la meilleure, celle qui, quand toutes nos larmes semblent taries, sait nous faire pleurer encore. Hors de nous ? En nous, pour mieux dire, mais dérobée à nos propres regards, dans un oubli plus ou moins prolongé […] Au grand jour de la mémoire habituelle, les images du passé pâlissent peu à peu, s'effacent, il ne reste plus rien d'elles, nous ne les retrouvons plus. (Marcel Proust, « À l'ombre des Jeunes Filles en Fleurs », II, À la Recherche du Temps perdu, ibid., pp. 60-61)

Joie de l'évocation du souvenir
- […] grandes vacances. (Julien Green, ibid, I, Plon, 1938, p. 216)
Paradis [enfance]. Paradis perdu. Tous les bonheurs de la vie seront comparés plus tard à cette première divination, à ce premier afflux de félicité. Tous les bonheurs auront tort […]. (Geneviève Fauconnier, Claude, Stock, 1938, p.123)

Mémoire du passé
Que la mémoire ne tient à l'âme qu'autant qu'elle devient ce qu'on nomme imagination. (Les Carnets de Joseph Joubert, édit. André Beaumier, NRF, 1938, I, 31/1/1799, p. 191)
Les souvenirs, les souvenirs, ça n'existe pas, ça s'invente chaque jour. Et les gens qui n'ont pas d'imagination n'ont pas de souvenirs. (Georges Duhamel, Le Club des Lyonnais, Chap. III)
Ce qu'on dit de soi est toujours poésie (Ernest Renan, Souvenirs d'enfance et de jeunesse, Préface, Calmann-Lévy, in 16, pp. II-III)
Le passé, ce qui ne passe pas, ce qui n'est pas dépassé, mais converti en nous-même, intégré à notre propre existence […] Mon passé est ce que je suis. (Georges Gusdorf, Mémoire et Personne, Paris, PUF, 1951, pp. 547 et 553)

Mémoire et histoire
C'est une compagnie bien distrayante que ces innombrables souvenirs, d'autant plus que le regard que nous portons sur eux a changé davantage et qu'il nous fait découvrir maintenant pour la première fois leur véritable enchaînement, la raison profonde de leur succession.
C'est une compagnie bien distrayante que ces innombrables souvenirs, d'autant plus que le regard que nous portons sur eux a changé davantage et qu'il nous fait découvrir maintenant pour la première fois leur véritable enchaînement, la raison profonde de leur succession et la signification réelle de leur apparence. La vraie intelligence de l'histoire humaine ne se développe que sur le tard et beaucoup mieux sous les influences paisibles du souvenir que sous les impressions plus intenses du présent. Les événements les plus proches paraissent ne se rattacher que par un lien assez large, mais ils n'en sympathisent pas moins d'une façon merveilleuse avec les événements plus lointains ; et c'est seulement lorsqu'on est en mesure d'en considérer d'ensemble une longue série, sans prendre tout à la lettre et sans brouiller l'ordre véritable par des rêveries fantaisistes, qu'on aperçoit l'enchaînement secret du passé et de l'avenir, et qu'on apprend à composer l'histoire avec deux éléments : espérance et souvenir. (Novalis, Henri d'Ofterdingen, trad. Camus, Aubier, 1942, chap. V, p.211)
Plus un jours est vide, moins il pèse dans la balance du souvenir […] Le temps qui laisse la trace la plus durable est celui qui file comme l'éclair […], pendant lequel on oublie le temps ; seul est fécond le temps qui n'a pas été possédé par la conscience. (Arthur Kœstler, Un Testament Espagnol, Trad. Denise van Moppès, Albin Michel, 1946, pp. 177-178)
Comme le passé s'évapore ! Il arrive un moment dans la vie où, comme dans les exhumations, on pourrait ramasser les restes de ses souvenirs et de ses amis dans une toute petite bière, dans unn bien petit coin de mémoire. (Edmond et Jules de Goncourt, Journal, Édition Flammarion-Pasquelle,, II, p.1923, 13/1/1865)

L'oubli

Oublier, c'est presque toujours se souvenir. (Balzac, « Modeste Mignon »,
Œuvres Complètes , édt. Conard, II, pp.244-245)

Mémoire et métamémoire
Les vrais anniversaires sont ceux de l'esprit et du cœur. (Rilke)
Je n'écris, je n'ai jamais écrit le journal de mes jours. Je prends note de mes idées. Que me fait ma biographie ? Et que me font mes jours écoulés ? Il ne devrait subsister du passé que les véritables richesses, les acquets dérobés au temps, qui accroissent nos pouvoirs d'action, et qui perdent nécessairement du même coup leurs attaches d'origine. Le langage est un bon exemple. Le langage est hors du temps. Comment penserions-nous, parlerions-nous, si chaque mot nous rappelait les circonstances dans lesquelles nous l'avons appris. Son histoire l'enchaînerait au passé, qui est impuissant. Non, je n'aime pas les souvenirs, qui me sont des images déjà postées, disloques vaines et tristes. (Paul Valéry, « Propos me concernant », en tête de Présence de Valéry, par Berne Joffroy, Plon, 1944, pp. 3-4)
On ne résume pas un homme.(ibid., p.8)
Le souvenir formulé en récit, fixé en une version désormais satisfaisante, n'est en réalité qu'un souvenir déchu de sa plénitude première. Plante morte étalée entre les feuillets d'un herbier. (Georges Gusdorf, op.cit., p.547)



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